En très résumé, une expérience menée dans le domaine de la
radioastronomie solaire.
Les différentes manifestations de l’activité solaire sont le résultat de la quantité totale de flux magnétique qui émerge de la photosphère
allant dans la chromosphère et la couronne solaire, ainsi que sa distribution temporelle et spatiale. Le flux solaire à 10,7 cm (longueur d’onde) est une mesure de l’émission intégrée à 10,7 cm
de toutes les sources présentes sur le disque solaire. L’origine du flux est presque totalement thermique, et est lié directement à la quantité totale de plasma enfermée dans les champs
magnétiques au-dessus des régions actives. Cette quantité est liée au montant de flux magnétique. Une comparaison faite sur plus d’un cycle d’activité solaire montre qu’il existe une corrélation
linéaire entre le flux solaire à 10,7 cm et le flux magnétique photosphérique total dans les régions actives.
Nous travaillons ici avec une parabole « portative »
de 80 cm et donc à une longueur d’onde d’environ 3cm (1 gigaHz).
Installation : une parabole, son LNB, la valisette rassemblant les appareils de mesures et de conversion des data , et l’ordinateur qui enregistre les données (sous la
tente… !).
Le LNB est alimenté par un décodeur satellite (ou une alimentation stabilisée en 15 ou 18 v).
On prélève dans le Sathfinder (bidouillé), intercallé entre la parabole et l'alimentation, le signal de la LNB qui détecte les fréquences vers les 12 GHz et les convertit en 1 GigaHerz.
Ce signal attaque un convertisseur analogique/numérique Velleman qui est relié à un PC portable par câble
USB. Il envoie à l’ordinateur les valeurs échantillonnées à 1 data/seconde.
On laisse donc défiler le soleil devant la parabole durant environs 11 à 12 minutes plus une « lecture » du sol pendant quelques minutes (palier à droite du graphique. Le logiciel traduit en temps réel la courbe de ce signal.
Le fichier data étant en .txt, il est facile de le rentrer dans Excell et d’en faire le traitement, notamment lier les data à l’horloge du PC et
avoir ainsi un tableau chronologique des données duquel est tiré ce graphique, plus détaillé. Je recherche par ailleurs l’explication des petits sursauts affichés sur la pente droite vers
12:27:53 et 12:28:06. Passage d’une protubérence à ce niveau de la couronne ? Suis preneur pour vos suggestions.
De ces mesures, on peut en retirer :
Le diamètre apparent du soleil, la température de l’altitude autour du soleil d’où ces ondes sont émises, par
comparaison à la « température » du sol (palier à droite du graphique). Ce jour, selon ces données : 5440
K.
Pour information, le soleil émet dans pas mal de
fréquences, et particulièrement dans les bandes des 408 MHz et le célèbre 1400 MHz.
Evolution du projet :
Une autre procédure serait de fixer la parabole sur une monture équatoriale motorisée en vue de suivre le
soleil. Nous aurions de cette manière une ligne de data horizontale, modulée par les variations d’intensité du champ électromagnétique émis par le soleil et l’on pourrait dilater ces variations
pour avoir plus de détails.
Ce sera le but de l’expérience
suivante.
Ah oui : on peut faire ce genre « d’observation » par temps nuageux, de brouillard voire de
pluie, en résumé par temps belge si fréquent sous nos latitudes, apportant ainsi un beaume sur les cœurs des astronomes frustrés de pas pouvoir sortir leur matos…..Raison de mon intérêt pour la
chose. Et de celui de Pierre Dieu, avec qui je partage cette folle expérience.
A bientôt.
Pierre Meurisse
